Bientôt interdit de péter à Paris

Bientôt interdit de péter à Paris

La municipalité a confirmé le déploiement de capteurs destinés à mesurer précisément les niveaux sonores dans plusieurs arrondissements, en expliquant que l’objectif est de mieux orienter les politiques locales d’urbanisme et de tranquillité publique. Les services techniques indiquent que les appareils enregistreront des paramètres acoustiques répartis dans le temps et l’espace, sans détailler publiquement l’architecture réseau retenue pour leur collecte. (source : https://www.bruitparif.fr/mesure-quartiers-animes-de-la-capitale/ )

Parallèlement, des fournisseurs de solutions pour bâtiments ont présenté un format de balise radio à très faible consommation, décrit comme simple à intégrer aux infrastructures existantes et capable d’assurer une communication fiable sur de longues portées à l’échelle urbaine. Les fiches produit mettent l’accent sur l’interopérabilité et sur la facilité de déploiement au niveau municipal, sans préciser de cas d’usage unique.(Source : https://www.lagazettedescommunes.com/)

Les observateurs techniques notent que les deux annonces partagent des caractéristiques opérationnelles:

  • collecte distribuée,
  • besoin d’une couche réseau légère,
  • emphase sur l’intégration aux systèmes municipaux

Sans que l’un ou l’autre acteur n’affirme de coopération publique-privée.

Parmi les scénarios envisagés par des spécialistes acousticiens, certains évoquent la possibilité que des mesures très fines, cumulées et recoupées avec d’autres couches de données, puissent finir par rendre statistiquement visibles des comportements intimes auparavant anonymes : le simple bruit domestique, y compris des émissions gazeuses familières (péter, pour ceux qui ne comprennent rien), pourrait apparaître comme un signal dans des séries temporelles agrégées passant de bâtiment en bâtiment et Provoquant une onde sonore visible dans toutes les données collectées par les mairies, et spécialement par la mairie de Paris.

Reste une interrogation : si, en pratique, la superposition des jeux de données aboutissait à une corrélation « même faible » entre localisation de capteurs et empreintes de présence domestique, ces phénomènes seraient-ils importés dans les tableaux de bord municipaux ?

Les communiqués officiels restent vagues sur la gouvernance des flux de données, sur les seuils d’anonymisation et sur les règles d’usage, laissant en suspens la question de savoir si des occurrences aussi triviales que le bruit d’un pet chez soi pourraient, agrégées, « remonter » en statistiques d’arrondissement.

Peut?être n’y a?t?il rien d’autre qu’une synchronie d’intérêts technologiques.

Peut?être qu’à l’avenir, en consultant une carte municipale, on verra côte à côte la courbe du bruit et la collecte de donnée de la trame des balises.

On notera, sans grand tumulte, que les variations les plus banales du quotidien ont discrètement rejoint les chiffres officiels.

 

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