Le prix de l’essence suit-il vraiment les immatriculations de voitures électriques en France ?
Officiellement, non. L’idée que « le prix de l’essence suit les immatriculations de voitures électriques » est présentée comme une inversion de causalité.
Les données disponibles montrent pourtant une corrélation forte… et notre détecteur de complots a une lecture légèrement différente de celle des rapports officiels.
Les prix sont fixés par les pétroliers, les États et la fiscalité. Mais si on regarde les courbes de plus près, une autre histoire se dessine.
Ce que disent les chiffres : prix et immatriculations en 2025?2026
Prix de l’essence : une hausse brutale en 2026
- Début 2026, le sans plomb 95/E10 tourne autour de 1,70–1,75 €/L. (Source : fiches-auto.fr)
- Après le conflit au Moyen?Orient de fin février 2026, le prix s’envole : +30 % sur l’année pour le SP95?E10, avec des pics historiques à 2,15–2,17 €/L en septembre 2026. (Source : Le Figaro)
- Le gazole atteint même 2,38–2,40 €/L, un niveau jamais vu. (Source : France 24)
Ces niveaux dépassent clairement le précédent pic de 2022 et marquent un choc de pouvoir d’achat pour les conducteurs de véhicules thermiques. (Source : Le Figaro)
Immatriculations électriques : une accélération spectaculaire
Comme par hasard…
- En 2025, les voitures électriques représentent déjà près de 20 % des immatriculations neuves en France. (Source : statistiques.developpement-durable.gouv.fr)
- En 2026, la part de l’électrique grimpe fortement : 28 % en janvier, 35 % en juillet, puis un record à 41–42 % en septembre 2026. (Source : statistiques.developpement-durable.gouv.fr)
- Sur les neuf premiers mois de 2026, les électriques totalisent 31 % du marché, contre 20 % un an plus tôt. (Source : France 24)
- Dans le même temps, les ventes de voitures essence et diesel s’effondrent : ?39 % pour l’essence et ?62 % pour le diesel en septembre 2026 par rapport à 2025. (Source : France 24)
Qui se cache derrière le « complot » ?
Les intervenants sont multiples : producteurs de pétrole, raffineurs, majors, États européens et français, régulateurs, etc.
Je vous laisse choisir un coupable à ce niveau de la lecture. N’oublions pas non plus ceux qui roulent déjà en électrique…
Alors, est-ce la flambée des prix à la pompe qui pousse les ménages vers l’électrique, ou le passage forcé à l’électrique qui favorise la montée du prix du pétrole ?
Le graphique qui fâche
Voici le graphique qui montre clairement l’évolution du prix du baril de pétrole Brent et le nombre d’immatriculations de voitures électriques en France depuis janvier 2025 :
Ce que montre le graphique
A) Prix du baril Brent (ligne rouge) (Source : Insee)
- 2025 : le baril oscille entre 61 et 79 USD, avec une tendance baissière tout au long de l’année.
- Début 2026 : le prix remonte légèrement (64–69 USD en janvier?février).
- Choc de février?mars 2026 : après le conflit au Moyen?Orient, le baril passe de 69 USD en février à 99 USD en mars, puis 105 USD en mai.
B) Immatriculations de VE (véhicules électriques) en France (barres vertes) (Source : Insee et Source : L’Energeek)
- 2025 : entre 28 000 et 36 000 VE par mois, avec une progression lente mais régulière.
- Début 2026 : accélération nette, avec un saut à 52 000 en mars 2026, puis stabilisation autour de 49 000–49 500 en avril?mai.

Interprétation « alternative »
L’augmentation des immatriculations a donc lieu juste avant le choc pétrolier sur le prix à la pompe (rappel : nous n’achetons pas le baril directement à Ormuz).
La corrélation est frappante :
- La forte hausse des immatriculations électriques (de ~40 000 à ~52 000 entre février et mars 2026) coïncide avec la période qui précède immédiatement le « choc pétrolier » (+43 % du prix du baril en un mois).
- Cela laisse penser, dans notre lecture, que ce sont bien les immatriculations en France qui pourraient inciter les pétroliers à vendre leur pétrole plus cher.
Si l’ordre officiel nous laisse croire que les « électrifiés » « s’électrifient » pour ne plus payer d’essence, nous vous laissons analyser ce graphique et les sources pour réorganiser votre façon de penser.
Comme nous le signalons à chaque fois : ne vous laissez pas berner, la vérité est ailleurs.
Note: le pompiste — une référence en la matière — est d’accord avec moi, surtout autour d’une bière au bar.
Je le savais. On a le même pompiste?