WebShell, le coquillage tisserand

WebShell, le coquillage tisserand

Des biologistes marins annoncent avoir identifié par erreur une espèce inédite de bivalve, baptisée WebShell (Retipecten arachnoideus), capable de tisser de véritables toiles entre les coquilles voisines pour capturer de petits poissons.

Une erreur de prélèvement

Tout commence lors d’une campagne d’échantillonnage sur une côte rocheuse. Une équipe devait prélever des moules ordinaires afin d’étudier la compatibilité avec le célèbres plat: le moules frites. Mais un stagiaire, distrait par une alarme de marée, place dans le même bac plusieurs coquilles inconnues recueillies entre deux rochers.

Le lendemain, les chercheurs découvrent les spécimens reliés par d’étranges fils translucides. Convaincus d’avoir affaire à une contamination ou à des débris de filet de pêche, ils décident d’abord de jeter le prélèvement. C’est en nettoyant le bac qu’ils voient un petit poisson coincé au centre du réseau — encore vivant, mais immobilisé.

Une toile sous-marine

Le WebShell sécrète des fils extrêmement fins, translucides et légèrement dorés, qu’il tend entre les valves de ses congénères, les algues et les anfractuosités rocheuses. Une fois la toile achevée, elle forme un réseau élastique de quelques dizaines de centimètres, presque invisible dans l’eau trouble.

Lorsqu’un petit poisson s’y aventure, les fils se collent à ses nageoires et se resserrent progressivement. Le coquillage ouvre alors légèrement ses valves, aspire l’eau chargée de proies et récupère sa capture.

Une évolution plausible

L’idée n’est pas totalement sortie de nulle part: certains bivalves, comme les moules, produisent déjà des fils byssaux, des fibres protéiques sécrétées par le pied pour s’ancrer aux rochers, aux cordes ou entre eux. Ces fils possèdent une extrémité adhésive et résistent aux courants, aux vagues et aux contraintes mécaniques.

Le WebShell aurait simplement détourné ce système d’ancrage en dispositif de chasse : au lieu de relier une coquille à un support fixe, il relierait les coquilles entre elles pour bâtir une toile collective.

Fiche de l’espèce

Élément Description
Nom scientifique Retipecten arachnoideus
Nom courant WebShell, « coquillage tisserand »
Mode de découverte Erreur de prélèvement en laboratoire
Habitat Zones rocheuses peu profondes, courants modérés
Taille 4 à 9 cm
Particularité Sécrétion de fils adhésifs formant des toiles entre coquilles
Régime Plancton, petits crustacés et alevins
Comportement Chasse semi-collective : plusieurs individus partagent un même réseau

Une chasse en réseau

Le plus étonnant est que les WebShells ne chassent pas isolément. Chaque individu contribue à quelques fils, mais la toile appartient au groupe. Les scientifiques parlent d’une forme de coopération prédatrice, encore jamais observée chez un mollusque bivalve.

Quand une proie est prise, les coquilles situées le plus près se ferment brièvement pour créer un courant d’aspiration. Les autres restent immobiles, afin de ne pas faire vibrer la toile et alerter d’éventuels poissons plus gros.

Le hasard, meilleur allié de la science

L’équipe a depuis reconnu que sans cette confusion entre moules et Retipecten arachnoideus ( WebShells ), l’espèce serait peut-être restée inconnue. Le spécimen erroné a été conservé, photographié puis étudié pendant plusieurs semaines.

« Nous cherchions la meilleure moule pour un -moules frites-, et nous avons trouvé un piège adhésif », résume la responsable de l’étude.

Une erreur de rangement, un bac mal étiqueté et un poisson imprudent: voilà comment le WebShell est entré dans l’histoire de la biologie marine.

Des moules produisent des fils byssaux protéiques servant à s’attacher aux rochers, aux cordes ou entre elles.
Voir notamment :
Smithsonian Ocean,
Britannica et
PMC.

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