Je suis repéré. Une grande radio nationale me contacte.
Je pensais être tranquille derrière mon écran, caché du monde extérieur. J’avais tort. Le système m’avait retrouvé. Une grande radio nationale me contacte.
J’ai trouvé ce texte dans un commentaire de ce blog. J’ai caché les informations susceptibles de la reconnaître… entre crochets.
J’ai beau cliquer sur la rubrique Auteurs ou Contact, rien ne s’affiche.
J’espère que la voie Commentaires sera efficace !
Tout d’abord, permettez-moi de me présenter : je travaille à [censure : une Radio française qui a plus de deux auditeurs], émission “[vous allez pas me croire c’est le nom de son émission]”, où j’assure une chronique web.
C’est l’affaire Cotillard sur le 11 septembre qui m’a conduite sur votre blog. Je trouve votre blog très marrant, la théorie du complot, c’est un super angle pour attaquer tous les sujets d’actu. J’aimerais interviewer l’un des membres de votre équipe en direct et par téléphone sur notre antenne à 8h47 (entretien de 4 minutes) cette semaine, pour présenter le blog et sa philosophie.
À quel numéro de téléphone pourrais-je vous joindre ?
En vous remerciant, je vous souhaite une très belle journée.
Bien cordialement,
C [son nom de code pour m’infiltrer]
La preuve était là, sous mes yeux. Un simple commentaire. Mais parfois, les plus grandes manipulations commencent par les choses les plus anodines.
J’ai failli y aller et puis j’ai commencé à réfléchir.
D’abord, 8h47, c’est super précis. Mes potes savent que j’ai un décalage de 1 à 3 heures et que jamais de ma vie je n’ai été à l’heure. C’est normal, je suis une star !
Donc ce n’est pas une blague d’un copain !
Il aurait dit :
Passez dans la semaine…
Et puis, à 8h55, il y a la fille d’à côté qui vient étendre ses petites culottes encore humides sous ma fenêtre pendant que je bois mon café, les jours où je me lève avant midi.
En plus, vous avez bien lu: ma correspondante a cliqué sur Contact.
Normalement, on s’arrête là. On comprend qu’un lien « Contact » qui ne fonctionne pas, c’est comme la pancarte à 2 euros « chien méchant » ou les panneaux « Do not disturb » des poignées d’hôtel…
Quelle audace !
La preuve est désormais évidente : ils m’ont envoyé une stagiaire pour me faire venir dans leurs locaux.
Et après, on sait comment ça se passe :
Allez, dis-nous où tu caches tes lingots, ou on balance à l’antenne que tu voles le fisc et que tu n’as jamais payé d’impôts de ta vie.
Ou pire, imaginez :
On sait que ta mère écoute, on va raconter tout ce que tu fais tard le soir dans les clubs échangistes avec les vieilles bigotes de 70 ans habillées en bonnes sœurs.
Mais ce qui m’a le plus fait peur, c’est le ton gentil de ma correspondante.
Ça doit cacher quelque chose.
Je sais !
Ils cherchent un moyen de me ficher comme connaissant quelqu’un qui connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un qui pourrait, parce qu’il le peut, dire un truc qui pourrait empêcher quelqu’un de dire à quelqu’un qu’il ne faut pas le faire.
Après plusieurs heures d’analyse intense (environ 7 minutes), mon verdict est tombé :
Le risque est trop élevé. J’annule tout contact avec la civilisation médiatique.
Ha non, la radio, ce n’est pas pour moi…
Je me méfie trop de ces gens-là et puis, quand on est chez eux, on peut être entendu par tout le monde.
Donc, s’il m’avait parlé des vieilles bigotes, j’aurais sûrement parlé des 200 kilos d’hosties qu’elles avaient apportés…
Retenez bien ceci : un commentaire trop gentil n’est jamais innocent.
Derrière chaque compliment peut se cacher une tentative d’infiltration…
Ou pire :
Une invitation à 8h47.
L’éditeur du site TDC.